Musée du manga au japon

Publié le par Julien P.


Ce week-end s'ouvre la dixième Japan Expo au parc des expositions de Villepinte. Un rendez-vous incontournable pour tous les otakus de France mais que je manquerai encore une fois.
Toutefois l'évènement attire de plus en plus de monde - 150 000 visiteurs cette année - et attire du coup l'attention des médias. L'occasion pour ces derniers de parler manga. Un exemple intéressant que j'ai trouvé sur le site Internet du Monde ; le journal revient sur le projet de création d'un musée du manga au Japon qui prend une tournure politique. Le point sur l'affaire par les journalistes du Monde :

Alors que se déroule ce week-end la dixième édition de la "Japan expo" au parc des expositions de Villepinte, près de Paris, au Japon, le monde de la culture - et les hommes politiques - se déchirent autour du projet d'un "musée du manga". Le "Centre national pour les arts visuels" est un projet datant de 2007, mais a connu cette année un coup d'accélérateur : en avril, le gouvernement a annoncé que 11,7 milliards de yens (environ 90 millions d'euros) avaient été budgétés pour la création de ce gigantesque musée, qui servirait également d'archive nationale et de centre de formation.

Au Japon, la vaste majorité des mangas sont publiés dans des magazines et sur du papier de mauvaise qualité. Faute de musées ou de bibliothèques adaptés, l'archipel craint de perdre une partie de son patrimoine culturel, la durée de vie de ces supports étant limitée.

Le projet a été accueilli positivement par les universitaires, mais avec scepticisme par les professionnels et les spécialistes, qui demandent surtout des mesures pour lutter contre le déclin économique du secteur de l'anime (le dessin animé japonais) et du manga, dont les ventes baissent régulièrement depuis le pic de 2005-2006. "Depuis l'an dernier, le nombre de productions et leur budget sont en chute", explique Junichi Takagi, un producteur du studio Gonzo interrogé par le Mainichi Shimbun. "Pour un épisode télévisé de 30 minutes, on signait en géréral des contrats de 18 milliards de yens (134 000 euros), mais aujourd'hui c'est plutôt 13 millions (un peu moins de 100 000 euros)". Producteurs et dessinateurs auraient préféré que les sommes investies dans le musée soient consacrées à des aides au secteur.

Mais le débat est sorti du strict secteur culturel depuis que le Parti démocrate du Japon (PDJ, centre gauche), le principal parti d'opposition, s'est déclaré hostile au projet et a interpellé à plusieurs reprises le gouvernement sur le sujet. Son président, Yukio Hatoyama, appelle le projet le "café-manga d'état" et a interpellé le premier ministre Taro Aso sur le sujet lors des discussions sur le budget. L'opposition accuse le premier ministre, lui-même grand amateur de mangas et d'animes, de satisfaire une lubie personnelle avec l'argent des contribuables.

Quelles que soient les motivations de M. Aso, le projet est en tout cas devenu une priorité. Alors qu'il y a à peine un an rien n'était fixé, le musée doit maintenant être prêt "aussi vite que possible", explique Tamotsu Aoki, responsable du projet. Dans le contexte d'une crise économique qui frappe particulièrement durement l'archipel, le gouvernement tient à lancer ce chantier d'ampleur, capable de stimuler le secteur de la construction et d'attirer par la suite de nombreux touristes. D'après un sondage réalisé pour le Japan Times, 60 % des touristes qui visitent Ginza (un quartier chic de Tokyo) et Akihabara (le quartier de la capitale japonaise où se trouvent la plupart des boutiques spécialisées dans l'anime et le manga) visiteraient un musée consacré aux "arts visuels".


Et le lien direct vers le site du Monde : link

Taro ASO, le premier ministre japonais - un otaku un peu trop engagé?

Publié dans Manga

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