Universal War One

Publié le par Julien P.

Découverte pour ma part récemment, la série de bande dessinée française Universal War One mérite d'être l'objet d'un article. Publié de 1999 à 2006 en 6 volume aux éditions Soleil (sous le label Quadrants), le titre a été l’objet d’une luxueuse réédition en intégrale à la fin de l’année dernière. Intégrale que j’avais en ma possession depuis, mais que je n’avais toujours pas pris la peine de lire. Mal m’en a pris car la série – comme les échos le laissait supposer - se révèle excellente.
Crée par Denis BAJRAM - un auteur complet - Universal War One est un récit de science-fiction où se mêle soap opera et hard science. L'intrigue démarre doucement au premier tome pour prendre toute son ampleur au fil des pages et pour s'aventurer dans des thèmes où on ne l'attendait pas (voyages dans le temps et paradoxes temporels qui l'accompagnent, religion et discours méta-mystique). Au final Universal War One fait honneur à la science-fiction française en émulant les plus grands classiques anglo-saxons ; une démarche qu'on aimerait voir plus souvent, tant le reste de la production se borne souvent  à des archétypes caricaturaux sans saveurs et réalisés à la chaîne.

La couverture originale réalisée pour cette édition intégrale de luxe

D'ailleurs les Américains ne s'y sont pas trompés puisque Marvel Comics publie le titre aux côtés de ses grands classiques (Spider Man, X-Men, Hulk et consorts) sous la forme traditionnelle des comics - c'est à dire en prépublication mensuelle, puis en édition reliée (se rapprochant du format européen au final). Et ce avec un succès modeste mais à souligner pour un titre étranger d'environ 15 000 exemplaires vendus - qu'il faut comparer aux 100 000 écoulés chaque mois pour les gros titres.Un rêve réalisé pour Denis BAJRAM, amateur de comics.

La couverture exclusive du premier numéro publié chez Marvel Comics - on remarquera le "Mature Content" qui n'est peut-être pas tout à fait approprié, mais le marché américain à ses spécificités...

Ce qui m'amène à la réflexion que si cette série peut-être viable sur le marché américain c'est sûrement qu'en plus d'emprunter le ton de ses standards de la science-fiction, elle se rapproche des thématiques en vogue, et en particulier de l'une des meilleures séries télévisuelles du moment, Lost. En effet on remarque les nombreux sujets similaires traités dans les deux supports : personnages définis par leur passé qu'on découvre à travers des flash-backs, sauts dans le temps, paradoxes temporels, soap, mysticisme...
Bref je conseillerais aux nombreux amateurs de Lost qui ne lisent pas de bande dessinée européenne de se tourner vers Universal War One s'ils souhaitent se familiariser avec le genre. Promis, ils ne seront pas déçus.
Et puis comme ça ils seront à jour pour la suite tant attendue et qui ne devrait pas tarder : Universal War Two.

Commenter cet article